Un long déplacement à travers toute la Suisse, un détour par les chutes du Rhin, puis la confirmation de ce à quoi l'on s'attendait une fois arrivés au sommet de la colline locale: Schaffouse est une ville, oui, mais dont les habitants semblent peu concernés par le foot, au même titre de la commune d'ailleurs qui n'a pas jugé bon pour le moment d'investir dans un accessoire primordial pour y jouer, à savoir un stade.

C'est donc sur le champ - plutôt plat, mais ô combien boueux - dit de la Breite que notre équipe favorite allait défier l'antépénultième du championnat. Pas le temps de finir une bière que déjà l'on sentait venir le déluge, sentiment qui se confirmera par la suite. Vous l'aurez compris, les conditions n'étaient pas véritablement réunies pour faire de ce match une partie mémorable.

La première mi-temps ne tarda par la suite pas à nous le prouver. Quelques semblants d'occasions des deux côtés, du moins à ce qu'on pouvait apercevoir depuis le splendide secteur visiteur que l'on aurait pu croire flambant neuf... si l'on s'était rendormi pour rêver de la première Coupe de Suisse glânée par le FC Sion, à savoir en 1965.

La nouvelle bière - à l'eau cette fois-ci, en raison du déluge - allait pourtant contre toute attente se révéler rimer avec le commencement d'un quasi-réveil des deux équipes. Reset tout d'abord, "fauché" sous nos yeux, laissait espérer un pénalty que M. Wildhaber (excellent comme à son habitude) ne jugea pas nécessaire de siffler, le tout sous le regard éperdu de Regazzoni qui arrêta son échauffement pour nous gratifier d'un haussement d'épaule en signe de non-savoir, après que mon voisin lui ait demandé son avis. L'expulsion quelques minutes après de Carlitos ajoutait encore un peu de piment. Bien que je ne sache pas si elle était méritée ou non - grâce, pour changer, à la vue imprenable dont je bénéficiais - elle eut le mérite de réveiller l'orgueil des Valaisans. Ce dernier étant resté assoupi durant bien longtemps, il va sans dire que cela n'allait pas être sans conséquence. Il nous paru donc presque logique de voir quelques instants après le très vif Bühler tromper la vigilance à la fois du juge de ligne et d'Herzog, tous deux s'expliquant ensuite durant de longues minutes malgré leur destin similaire. 1-0, 83e minute, quand on est sur les nerfs en raison de la crainte d'être venus là pour assister à un 0-0, je peux vous le dire, ça donne envie de sauter dans tous les sens, chose que l'on se fera un plaisir de réaliser.

En fin de match, Gelson rate le but de la sécurité seul face au gardien adverse, mais peu importe, l'essentiel est acquis: 3 points qui feront à n'en pas douter un bien fou au moral des troupes de Bigon, ainsi qu'à tous leurs tifosi. Si la victoire ne constitue pas une surprise en soi, l'état d'esprit laisse entrevoir d'ici peu des jou(eu)rs meilleurs, dans un stade meilleur, avec un temps meilleur, et des supporters sédunois... identiques et fidèles.

Anecdotes: -Dans la tribune, même le staff sédunois est abasourdi que l'assistant n'ait pas vu le hors-jeu sur le but. Déclaration de Massimo: "On s'en fout, il nous l'a compté!" -Dans le secteur visiteur, deux Delta interviennent en deuxième mi-temps pour venir chercher... les ballons que les Schaffousois avaient tenté de diriger vers les buts. -Capuchon et compagnie sont nécessaires lors de ce genre de déplacement, sauf si vous préférez vous mettre à torse-nu comme certains l'ont fait... pendant la mi-temps. -Après seulement quelques minutes de prestation, la "sympathique" guggen familiale locale se voit contrainte à la fuite, poursuivie qu'elle était par... la pluie.

Red&White - 20.03.2007