Pour moi, le match commençait déjà à 15 heures. Titulaire, avec quelques amis, d'un billet "Business", il fallait bien en profiter histoire de partager quelques précourtations (contraire de prolongations) autour d'un apéro. Une fois installés, il ne nous fallu pas plus de temps pour remarquer la brillante tactique des Thounois que pour descendre les préalables Heineken: jouant en 4-5-1, la tribu du Lachen était de toute évidence venue en Valais en quête d'un nul 0 à 0. Il convenait donc pour les Sédunois de marquer le plus vite possible de manière à obliger l'adversaire à sortir de ses retranchements mais aussi à se mettre à l'abri d'une éventuelle contre-attaque dévastatrice. Ce qui fut loin d'être facile. Dans une défense tellement compacte que les écarts s'y comptaient en micromillièmes, les espaces semblaient réduits à un point tel que les centres ratés de Reset faisaient figure de véritables occasions de buts. Cependant, si les protégés de Saibene avaient mis en place un système empêchant toute intrusion ennemie dans les seize mètres, elle en avait du coup oublié que le talent pouvait faire la différence. Obradovic, après un habile crochet, ne se fit pas prier pour le leur rappeller d'une frappe magistrale des 25 mètres qui terminait sa course dans la lucarne opposée. Et la stratégie des Bernois de changer radicalement: de 9, il passèrent à 10 défenseurs, comme si ce score pourtant défavorable était une satisfaction. Au terme d'une première mi-temps qui me rappelait étrangement un Sion-Wohlen de ligue B, je rejoignais donc le QG en ne sachant pas trop quoi penser de la qualité du jeu présenté: était-il vraiment possible de faire mieux face à ce genre de dispositif ? Pas sûr...

A peine remis de cette insolvable réflexion, et le totomat affichait déjà 2-0, après que Carlitos ait offert le deuxième but valaisan à Saborio. Vu le déroulement du match, tout semblait alors être dit. On voyait mal en effet comment une équipe avoisinant le niveau époustouflant du FC Sankkkrt Niklaus pouvait réagir, d'autant plus qu'elle n'avait jusque là tiré qu'une seule fois au goal. Mais les Sédunois en décidèrent autrement: désireux de se montrer complaisants, ils laissèrent petit à petit l'initiative du jeu à leurs rivaux, se contentant de gérer le ballon en arrière puis de le perdre stupidement. Thoune, alors animé par un espoir soudain, se mit à rêver et à y croire à nouveau, de telle sorte que la formation bernoise parvint à aligner à la 58ème la bagatelle de deux passes d'affilée. Mieux, suite à une première action construite, quelques minutes plus tard, un tir de Bühler laissait Vailati sans voix (à ne pas confondre avec le Bühler de Sion, que l'on sait incapable d'une telle chose). On assista ensuite à une fin de match sans jeu, où Sion paraissait attendre patiemment et sans motivation aucune un assaut adverse, qui pourtant n'arriva jamais tellement les visiteurs jouaient à ras-les-pâquerettes.

De retour à l'apéro, les avis étaient unanimes: Sion avait gagné. Point barre. Dans une rencontre qui n'avait jamais atteint des sommets, c'était l'essentiel. On le sait particulièrement bien après deux ans dans le purgatoire nommé "Challenge Ligue", il n'y a pas grand chose à faire d'autre qu'obtenir un maximum de points dans ce genre de partie. Peu importe le score et la manière, après tout. Les Sédunois ont regagné à Tourbillon, et se sont par là-même rapprochés du haut du classement. J'en arrivais donc à la conclusion que c'était somme toute une après-midi positive, et qu'il fallait bien, pour fêter ça, s'offrir une ultime tournée.

Red&White, 22.04.2007